Après plus de deux semaines, le confinement commence à devenir rude pour la plupart des Français. Pourtant, ce sont les plus pauvres qui le subissent de plein fouet. Impossible pour ces personnes de trouver de quoi s’occuper, ou pire, de trouver un endroit pour se loger.
Lors du premier jour de confinement annoncé par Emmanuel Macron, les forces de l’ordre n’ont pas hésité à donner des amendes à des personnes sans domicile fixe. C’est notamment le cas à Lyon et à Toulouse, où au moins quatre personnes sans abris ont été verbalisées pour être restées dans la rue au début de la période de confinement. Une véritable absurdité pour ces personnes qui vivent dans la rue malgré elles. Le Premier Ministre avait d’ailleurs condamné ces actes en les qualifiant d’”inacceptables”.
Ces actions ont alarmé le gouvernement sur le sort des SDF durant cette période de confinement. Emmanuel Macron et son ministre du Logement, Julien Denormandie, ont donc décidé de débloquer 15 millions d’euros pour offrir un hébergement aux plus démunis.
Cannes ne verra pas de vedettes du cinéma cette année
En ce temps de crise sanitaire le Palais des Festivals, à Cannes, a est réquisitionné pour accueillir les SDF de la ville et de ses alentours. 82 lits sont mis à leur disposition “pour les mettre en sécurité et leur éviter des amendes”, affirme le Maire de la ville.
Ils auront également la possibilité de prendre des douches et des repas fournis par la Croix Rouge. Le Maire de Cannes affirme tout de même que le dispositif exceptionnel est mis en place “tout en respectant les distances et exigences sanitaires requises.”
De nombreuses autres villes ont également ouvert des centres d’accueil pour les sans abris. C’est notamment le cas de Paris, Marseille, ou encore, Angers. Pourtant, les associations de protection des sans abris, ainsi que l’ONU estiment que : “Ce n’est pas assez, les 15 millions d’euros vont être utiles, mais pas suffisants”.
L’association “l’ouvre-porte”, située à Dole, Lyon et Grenoble, a donc pris les devants en louant des garages à des particuliers et professionnels pour offrir un hébergement aux sans domicile fixe de leur ville. L’argent récoltée grâce aux dons permet à l’association de louer le plus de garages possibles afin de mettre de nombreuses personnes à l’abris. Pour l’instant, “une trentaine de personnes bénéficient de ce dispositif”, selon une bénévole de l’association.
L’Etat compte également débloquer 15 millions d’euros pour fournir des chèques-services aux SDF pour les aider à survivre durant ce confinent qui les impacte fortement. Ces chèques qui devraient profiter à 60 000 personnes “permettront d’acheter de la nourriture ou des produits de première nécessité, de santé ou d’hygiène”, a annoncé le ministre du Logement, ce mardi 31 mars.
Dès le début du confinement, le gouvernement a également pris la décision de repousser la fin de la trêve hivernale de deux mois. Les locataires les plus démunis pourront donc rester dans leurs logements jusqu’à fin mai, contre fin mars en temps normal.
Femmes battues, les grandes oubliées du début du confinement
Le confinement est, comme on pouvait le prévoir, à l’origine d’une augmentation monumentale du nombre de cas de violences conjugales. Le 29 mars, l’Etat annonçait que les signalements de violences conjugales avaient augmenté de 36% lors de la première semaine de confinement.
Rester enfermée avec un conjoint violent peut vite tourner au drame pour ces femmes qui n’ont presque aucune solution de secours. Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’égalité femmes-hommes, a annoncé de nouvelles mesures le dimanche 29 mars pour leur venir en aide.
Les pharmaciens entrent dans le dispositif
Désormais, les pharmaciens seront en mesure d’alerter les forces de l’ordre lorsqu’une victime les préviendra de toute forme de violence. Des stands d’aides seront également déployés dans les centres commerciaux pour permettre aux victimes de dénoncer leurs agresseurs lorsqu’elles font les courses.
Jusqu’ici, elle avaient la possibilité d’appeler le 3919 pour obtenir de l’aide, mais Marlène Schiappa a fait remarquer qu’il est “difficile de passer un coup de fil lorsque l‘on est confinée avec son agresseur.” Ces derniers temps, les signalements par téléphone ont, en effet, diminués suite aux mesures de confinement.
Que se passe-t-il après un signalement ?
En temps normal, une femme qui signale un cas de violence peut être hébergée dans des centres d’accueil pour femmes victimes de violences conjugales. Bien que ces derniers restent ouverts durant le confinement, certains sont complets. Il est donc nécessaire de trouver d’autres alternatives pour aider ces femmes, qui ont parfois des enfants, à sortir de l’enfer.
Il est possible, malgré les mesures de confinement, de quitter le domicile, seule ou accompagnée par les forces de l’ordre, pour se rendre chez une connaissance. Il est, normalement, interdit de changer de lieu de confinement, mais ces cas étant exceptionnels et comportant un danger pour les personnes, le gouvernement a confirmé qu’aucune amende ne serait donnée à une femme qui fuit des violences.
Mais faisant face à l’augmentation des cas de violence, le gouvernement a dû réagir rapidement. En Ile-de-France, région la plus touchée, la Mairie de Paris propose des logements sociaux aux femmes en détresse qui souhaitent quitter leur domicile. Ils ne sont, pour l’instant, qu’au nombre de 10, mais d’autres devraient être mis à leur disposition dans les prochaines semaines. Ces T1, T2 ou T3 sont attribués aux victimes de violences de manière temporaire, pour “prévenir tout risque de féminicide”, affirme Hélène Bidard, adjointe chargée de l’égalité femmes-hommes à la Mairie de Paris.
Certaines associations, implantées dans les grandes villes de France, proposent également des services d’aide aux victimes. Elles demandent notamment aux particuliers et professionnels de l’immobilier de mettre à disposition des logements pour héberger ces femmes, parfois même ces familles, dans le besoin.
La crise révèle la solidarité des Français
Les associations sont sur le qui-vive depuis le début de la crise sanitaire, plus encore, depuis le début du confinement. Mais entre les bénévoles malades ou confinés pour s’occuper de leurs proches, elles ont souvent du mal à s’organiser.
Dernièrement, de nombreuses associations d’aide aux plus démunis ont fait appel à la solidarité de la population pour obtenir de l’aide. Et c’est presque une mission réussie.
De nombreux citoyens s’allient et utilisent leur temps pour aider les autres. Les Restos du Coeur, par exemple, ont vu leur nombre de bénévole augmenter depuis quelques jours, une véritable aubaine pour cette association qui doit continuer à distribuer de quoi se nourrir aux plus pauvres.
Ces dernières semaines, un grand nombre d’actions individuelles ont également vu le jour. De la préparation de repas pour les personnes démunies ou dépendantes à la mise à disposition de logements personnels pour les personnes sans abris, les français semblent avoir un intérêt grandissant pour la solidarité.
Comment se rendre utile ?
Si vous aussi, vous voulez participer à l’entraide qui se met en place sur tout le territoire pour les personnes démunies, plusieurs solutions s’offrent à vous :
- Le bénévolat – Les associations recherchent toujours plus de personnes pour effectuer un roulement et aider le plus grand nombre. La Croix-rouge, les Restos du Coeur, la Banque alimentaire et bien d’autres ont encore besoin de bénévoles pour cuisiner, fournir les repas, effectuer des rondes, etc….
La Réserve Civique, mise en place par l’Etat propose également de se rendre utile auprès des personnes dépendantes ou démunies.
- Les actions de solidarité individuelles – Si vous habitez dans un immeuble ou un quartier, n’hésitez pas à prendre des nouvelles de vos voisins afin de savoir s’ils ont besoin de produits de première nécessité ou d’aide pour une quelconque démarche.
Cela fonctionne, bien évidemment, également avec vos proches. Pensez à prendre des nouvelles d’eux.
- Les dons – Si vous habitez en campagne et que personne n’a besoin d’aide autour de vous, pensez aux dons. Les associations ont besoin de moyens humains, mais également financiers.
- La mise à disposition d’abris – Si vous disposez d’une résidence secondaire dont vous ne vous servez pas, d’un appartement vide, ou même d’un garage qu’il est possible d’aménager, vous pouvez le mettre à disposition d’une personne sans abris, ou contrainte de quitter son domicile.
Numéros utiles :
Aide pour les SDF : 0800-99-340
Fédération Nationale Solidarité Femmes : 3919
Allo Enfance Maltraitée : 119
Police : 17
Aurélie Marie

