Masques : Mediapart parle d’un « mensonge d’Etat »

Dans une enquête de plusieurs semaines, Mediapart révèle les dysfonctionnements de l’Etat depuis le début de la crise du Coronavirus. Des perturbations qui auraient abouti à un « mensonge d’Etat ».

L’Etat aurait-il modifié ses consignes sanitaires en fonction du stock de masques disponibles ? C’est en tout cas qu’affirme Mediapart ce jeudi 2 avril. À travers une longue enquête comprenant témoignages et documents, le pureplayer met en lumière différentes zones d’ombre qui ont accompagné la gestion de l’épidémie par le gouvernement.

Une gestion des masques hasardeuse

Yann Philippin, Antton Rouget et Marine Turchi, auteurs de l’enquête, pointent notamment du doigt la réaction d’Agnès Buzyn au début de la crise du Coronavirus. À la fin du mois de janvier, la ministre de la santé d’alors n’aurait décidé de commander qu’une « très faible quantité de masques », pourtant consciente de la faiblesse des réserves françaises après plusieurs alertes internes. Des équipements qui ont par ailleurs mis plusieurs semaines à arriver. En réaction à cette première erreur, l’Etat a créé à la fin du mois de février une cellule interministérielle dédiée à l’achat de masques, sans pour autant parvenir à constituer un stock suffisant. Entre sa création et le 21 mars, la cellule n’aurait ainsi obtenu que 40 millions de masques « l’équivalent d’une semaine de consommation au rythme actuel ».

L’Etat est accusé de mensonge par Mediapart dans une enquête parue jeudi 2 avril. (@RTL)

De plus, la répartition des masques pose également question. Tandis que des personnels soignants continuent à travailler sans l’équipement adéquat, faute de stocks suffisants, des entreprises « non-essentielles » à la vie du pays auraient continué à consommer des masques pour des raisons économiques. Mediapart avance par exemple qu’Airbus « semble avoir bénéficié d’un traitement de faveur. »

Des consignes sanitaires opposées

Le gouvernement aurait alors caché la pénurie pendant près de deux mois en prenant le soin d’adapter ses consignes concernant le port du masque. L’enquête met ainsi en avant les propos de Jérôme Salomon, directeur général de la santé, qui préconisait en février « un masque pour toute personne en contact avec un porteur du Covid-19. » Un mois plus tard, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye « déclarait que c’était inutile ». Invitée d’Europe 1 mercredi 1er avril, la journaliste et présentatrice du Magazine de la santé Marina Carrère d’Encausse confirme que l’Etat a menti en assurant que les masques ne protégeaient pas du Coronavirus. « Comme on n’avait effectivement pas assez de masques, on a tout fait pour les réserver à ceux qui en avaient besoin, à savoir les soignants, et pour que la population ne se rue pas dans les pharmacies pour acheter des masques. » Des accusations auxquelles le gouvernement répondra certainement dans les prochains jours.

André Fontaine

Annonces d’Edouard Philippe : Le déconfinement enfin évoqué

Le Premier ministre Edouard Philippe et le ministre de la Santé Olivier Véran ont été auditionnés hier en visioconférence par la nouvelle mission d’information de l’Assemblée nationale alors que les français restent confinés chez eux depuis presque trois semaines.

C’est une visioconférence exceptionnelle qui a eu lieu mercredi 1er avril. Le Premier ministre Édouard Philippe et le Ministre de la Santé Olivier Véran passaient une audition devant une quarantaine de députés et pour la première fois depuis la mise en place du confinement, un membre du gouvernement abordait publiquement la question sensible du déconfinement.

Édouard Philippe répondait à une question du président de l’Assemblée, Richard Ferrand, relayant une interrogation des Français sur le confinement, « qui en ont compris l’entrée et qui veulent pouvoir en concevoir la sortie ». « Il est probable que nous ne nous acheminons pas vers un déconfinement général et absolu, en une fois, partout et pour tout le monde », a déclaré le chef du gouvernement, annonçant qu’une « stratégie de déconfinement » pourra être présentée « dans les jours, la semaine » à venir.

Le gouvernement souhaite ainsi « exposer des perspectives » aux Français. Le but étant avant tout de prévenir un rebond de la maladie en laissant toute la population circuler à nouveau librement. Pour ce faire, trois hypothèses sont probables. La première serait de procéder par région, selon leur degrés d’exposition à l’épidémie. Ensuite, il se pourrait que ce soit fait par tranches d’âge, et enfin éventuellement en fonction des tests qui auront été réalisés.

Coronavirus: Philippe sort ses graphiques pour déminer polémiques ...
Le premier ministre, Edouard Philippe lors de son allocution du samedi 28 mars. ©GEOFFROY VAN DER HASSELT VIA GETTY IMAGES

Des annonces pour le baccalauréat 

Toujours devant les députés, Édouard Philippe a également abordé la question du baccalauréat : « Il nous paraît délicat d’imaginer faire comme si de rien n’était« , a-t-il indiqué. Sur la table, on trouve l’hypothèse d’un contrôle continu total, sans épreuves finales ; mais il se pourrait aussi qu’il y ait une ou deux épreuves. Jean-Michel Blanquer devrait communiquer à ce sujet en fin de semaine.

Enfin, manque de masques de protection, de tests, de moyens pour les hôpitaux, pénurie de médicaments, mais aussi ajustement des mesures économiques et sociales ou encore, critiques en imprévoyance de l’exécutif. Autant de thèmes que s’est permis d’aborder la mission d’information de l’Assemblée nationale sur  » l’impact, la gestion, et les conséquences dans toutes ses dimensions  » de l’épidémie de coronavirus. Richard Ferrand a conclu la visioconférence en ces termes : « Le temps des éventuelles remises en cause, légitimes, viendra, mais une fois le plus fort de la crise derrière nous ».

Matteo Valette

Opération anti-mafia en Italie pour des fraudes aux fonds européens

Les autorités italiennes ont annoncé mercredi avoir démantelé un réseau mafieux en Sicile qui détournait des fonds européens, arrêtant 94 personnes.

La “mafia de Tortorici” mise à mal. Le parquet de Messine (Sicile) a indiqué que 94 personnes appartenant à ce réseau ont été arrêtées lors d’un coup de filet mercredi 15 janvier. Des détournements de fonds européens destinés aux agriculteurs ont motivé l’intervention de la police italienne.

Plusieurs millions d’euros détournés

Depuis 2013, la “mafia de Tortorici”, qui tire son nom de celui d’une ville du nord-est de la Sicile, a détourné près de 10 millions d’euros de fonds européens, selon la chaîne de télévision publique Rai24. Pour obtenir ces financements, le clan revendiquait frauduleusement la possession de terres appartenant en réalité à la région et aux conseils locaux. Pour cela, le réseau pouvait compter sur la complicité d’employés d’une agence publique chargée des subventions agricoles, qui distribue les fonds européens aux agriculteurs, ainsi que celle des centres chargés d’assister les paysans dans leurs demandes d’aides.

Un vaste système

Parmi les personnes arrêtées figurent deux chefs de familles mafieuses, un notaire, des entrepreneurs et des responsables publics chargés de l’accès à ces fonds. 48 de ces protagonistes ont été incarcérés, tandis que les autres ont été placés en résidence surveillée. Dans son acte d’accusation, le juge Sergio Matroeni estime que l’escroquerie reposait sur “le soutien sans condition” d’employés disposant “du savoir-faire nécessaire pour faire parvenir la Mafia jusqu’au centre nerveux du système de financement public” et pour exploiter les “failles d’un contrôle laxiste”.

Par : André Fontaine

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