Le vaccin contre la tuberculose peut-il permettre de lutter contre le Covid-19 ?

Alors que les recherches pour trouver un traitement contre le Covid-19 se poursuivent, des scientifiques du monde entier se penchent sur l’effet du vaccin BCG contre la tuberculose sur le Covid-19.

Le vaccin BCG constitue une piste de recherche pour la communauté scientifique. (@RTL)
 

Une lueur d’espoir

Mis au point il y a plus de 100 ans, le vaccin contre la tuberculose pourrait bien aider les laboratoires en 2020. Face au Covid-19, les scientifiques poursuivent leurs efforts dans la recherche d’un remède. Et le BCG pourrait constituer une piste. « Lorsqu’il y a une couverture vaccinale BCG importante dans un pays donné, nous nous apercevons que la gravité de la maladie Covid-19 est moindre, explique Laurent Lagrost, directeur de recherche à l’institut national de la santé et de la recherche médicale. En revanche, nous constatons qu’au sein des pays qui n’ont pas eu cette politique vaccinale, notamment l’Italie et les États-Unis, il apparaît aujourd’hui que les formes plus sévères de la maladie semblent plus fréquentes. »

En France, de nombreux habitants sont déjà couverts par ce vaccin, devenu obligatoire à partir de 1960 et recommandé depuis 2007. Mais les propriétés immunologiques du BCG ne durent qu’entre 15 et 20 ans. Pour les personnes vaccinées avant l’an 2000, ses effets ne sont donc probablement plus actifs. Si cette piste s’avère concluante, elle pourrait donc expliquer pourquoi les plus jeunes, vaccinés plus récemment, semblent moins touchés par le Covid-19. Le directeur général de la santé Jérôme Salomon a confirmé dimanche 29 mars lors de son point presse quotidien qu’il s’agissait bien « d’une des hypothèses de recherche sur laquelle nous travaillons avec nos collègues européens ».

Une aide plutôt qu’une solution

Une hypothèse assez prise au sérieux pour être testée, y compris hors d’Europe. Des chercheurs de l’institut Murdoch à Melbourne ont annoncé vendredi 27 mars avoir entrepris un test à grande échelle. Ce dernier concernera un total de 4 000 personnels soignants dans les hôpitaux australiens pour vérifier la capacité du vaccin BCG à réduire les symptômes du Covid-19. Pour autant, il n’empêcherait pas les vaccinés de contracter le Coronavirus, mais pourrait aider à en réduire les effets les plus dangereux. « Bien qu’à l’origine développé contre la tuberculose et toujours administré à plus de 130 millions de bébés chaque année, le BCG accroît également les capacités immunitaires de base de l’organisme, en l’aidant à répondre aux germes avec plus de force », précisent les scientifiques australiens. Mais si des tests similaires vont être conduits dans d’autres pays comme les Pays-Bas, l’Allemagne ou le Royaume-Uni, les résultats n’interviendront que « dans quelques mois » estime Camille Locht, directeur de recherche à l’Institut Pasteur de Lille. Pour l’heure, « rien ne justifie le fait de se faire vacciner dans le contexte du Covid-19 », conclue-t-il.

André Fontaine

Non, il n’est pas possible de voir la Tour Eiffel depuis Londres

Depuis plusieurs jours, une photo circulant sur les réseaux sociaux prétend qu’il est possible d’apercevoir la Tour Eiffel depuis Londres.

Sans venir à Paris, difficile de pouvoir admirer la Tour Eiffel

Serait-il possible d’apercevoir la Dame de Fer depuis les hauteurs londoniennes ? C’est en tout cas ce qu’affirme cette photo prise le 30 mars.

Issue d’une vidéo postée sur le réseau social TikTok, elle est accompagnée d’une description : « après 50 ans de destruction, les Londoniens peuvent désormais voir la Tour Eiffel. » Grâce à une forte réduction de la pollution liée au confinement, l’horizon de la capitale britannique laisserait donc entrevoir l’œuvre de Gustave Eiffel. Mais ce qu’a filmé cette personne est en réalité l’émetteur de Crystal Palace, principal point de diffusion de la télévision londonienne. Haute de 220 mètres, cette tour est d’ailleurs surnommée « la Tour Eiffel de Londres ».

L’émetteur de Crystal Palace est surnommé « la Tour Eiffel de Londres ».

Malheureusement pour nos amis Londoniens, il n’est donc pas encore possible de voir la Tour Eiffel sans prendre l’Eurostar.

André Fontaine

Covid-19 : non, retenir sa respiration ne permet pas de détecter une contamination

Parmi les nombreuses fake news diffusées au sujet du Covid-19, l’une d’entre-elles affirme que l’apnée permet de déceler la présence du virus dans le corps. Une recommandation sans aucun fondement scientifique.

L’épidémie de coronavirus suscite autant l’inquiétude que l’imagination. Sur les réseaux sociaux, un message vous suggère de retenir votre respiration afin de savoir si vous êtes atteints par le coronavirus. On vous explique pourquoi ce conseil n’est pas à appliquer.

Le Covid-19, un sujet privilégié pour les fakes news

La science dément

Vous avez de fortes chances d’avoir aperçu ce diagnostic sur Facebook : « Si vous parvenez à expirer sans toux, inconfort, fatigue et raideur dans la poitrine, cela prouve qu’il n’y a pas de fibrose pulmonaire et cela indique en fait qu’il n’y a pas de virus ! », assure une publication qui fait le tour du réseau social.

https://www.facebook.com/plugins/post.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2Fpierre.deleaz.1%2Fposts%2F895158344235441&width=500

Une information démentie par de nombreux experts de la santé : « Ce pourrait être utile pour identifier les gens avec une maladie pulmonaire plus sérieuse. Mais il n’identifiera pas les personnes atteintes du Covid-19 qui n’ont pas ou peu de symptômes », a expliqué le docteur Robert Legare Atmar, spécialiste des maladies infectieuses, à Associated Press. Fernando De la Hoz, épidémiologiste et professeur à l’Université nationale de Bogota, précise quant à lui que dans le cas d’une « infection aiguë comme celle provoquée par le coronavirus, il n’y a pas assez de temps pour que le patient développe une fibrose. Il peut cependant développer une pneumonie. »

Le message viral prétend par ailleurs qu’il s’agit d’un « simple test de connaissance de corona en seulement dix secondes sans examen par un médecin ou laboratoire, que personne n’a encore connu ». La docteur Karla Ronchini, experte en maladies infectieuses à Rio de Janeiro et contactée par l’AFP, réfute cette méthode : « Il n’y a rien que les gens puissent faire pour savoir s’ils sont infectés, sauf se faire tester », assure-t-elle.

« Il n’est pas possible de laver un virus »

Si vous avez tout de même suivi cette ordonnance 2.0, que faire si votre apnée a révélé votre contamination au Covid-19 ? Il est alors dit de « vous assurer que votre bouche et votre gorge sont humides et non sèches ! Buvez une tasse d’eau au moins une fois toutes les 15 minutes car même si le virus pénètre dan votre bouche, les liquides que vous mangez régulièrement peuvent être transférés dans l’estomac, et l’acidité de l’estomac tue les virus ! ». Des soins contestés par le docteur Manuel Vargas, virologue de l’Université catholique de Louvain et professeur à l’Université nationale de Bogota. Ce dernier indique qu’il « n’est pas possible de laver un virus » car il est contenu « à l’intérieur d’une cellule et aucun lavage ne peut y parvenir« . Si vous ressentez des symptômes du Covid-19, appelez donc le 15 ou un médecin.

André Fontaine

Les particules fines transportent-elles le Covid-19 ?

Les particules fines sont régulièrement au cœur des débats sur la pollution. En cette période d’épidémie, leur rôle dans la propagation du Covid-19 interroge.

Même si les routes sont nettement moins chargées qu’à l’accoutumée en cette période de confinement, la réduction du trafic n’a pas eu d’effet sur les niveaux de particules fines. Des augmentations ont même été constatées lundi 30 mars en Ile-de-France et dans le Grand-Est, les deux régions les plus touchées par l’épidémie de coronavirus.

Les particules fines transportent-elles le Covid-19 ?

L’épandage agricole mis en cause

Pour les Français ayant eu pour consigne de rester chez eux, le chauffage au bois, générateur de particules fines, est davantage utilisé par de nombreux foyers. Mais c’est l’épandage agricole qui aurait la plus grande part de responsabilité dans cette augmentation selon Atmo Grand-Est. Cet organisme chargé de la surveillance de la pollution de l’air dans la région communiquait le 29 mars sur la présence d’une « part importante de particules secondaires formées à partir d’ammoniac et d’oxydes d’azote, l’ammoniac étant issu majoritairement des épandages de fertilisants ». Ces particules pénètrent notamment dans les voies respiratoires, attaquant les muqueuses.

Des hypothèses mais peu de certitudes

Jusqu’à contribuer à la propagation du coronavirus ? C’est ce qu’a essayé de savoir la Société italienne de médecine lors d’une étude publiée le 17 mars. Une corrélation a ainsi été établie entre un niveau de pollution élevé et un nombre important de victimes du Covid-19, comme en Lombardie, suggérant que le virus pourrait circuler grâce aux particules fines. Mais pour l’heure, les spécialistes estiment que ce lien reste à prouver : « Une corrélation, ce sont juste des chiffres qui vont bien ensemble. En aucun cas, elles prouvent qu’il y a un lien de cause à effet », indique Anne-Marie Delort, chercheuse à l’institut de chimie de Clermont-Ferrand, avant d’ajouter que, « de manière générale, on sait peu de chose des virus dans l’atmosphère ».

Même son de cloche du côté du Haut Conseil de la santé publique, qui rappelle qu’il « n’existe pas d’études prouvant une transmission interhumaine du virus par des aérosols sur de longues distances ». Une prudence également observée à l’Organisation Mondiale de la Santé. « Le fait que les particules fines puissent servir de vecteur à la propagation du coronavirus reste une hypothèse, et il va falloir plusieurs mois pour la confirmer ou l’infirmer », assure Maria Neira, la directrice du département santé publique et environnement. Même si la transmission du Covid-19 par les particules fines venait à être prouvée, le Haut Conseil de la santé publique précise que, « s’il existe, ce mode de transmission n’est pas le mode de transmission majoritaire ».

André Fontaine

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer