Sommet du G5 Sahel, quels objectifs pour la France ?

Ce lundi à Pau (Pyrénées-Atlantiques), Emmanuel Macron a réuni les présidents du G5 Sahel (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie). Dans un contexte où la présence des troupes françaises au Sahel est de plus en plus critiquée, quels sont les tenants et les aboutissants de cette rencontre ?

Couper court à une vague de protestations anti-françaises

Irrité par les critiques des opinions publiques contre les 4500 soldats français de la force Barkhane présents au Sahel, Emmanuel Macron espère renforcer la légitimité contestée des militaires français déployés sur place. En effet, la population malienne avait manifesté le 10 janvier contre la présence de la force Barkhane sur son territoire, jugée par certain comme une domination de la France sur le pays : “Ces puissances étrangères utilisent le terrorisme pour contrôler les immenses richesses de la région”, expliquait un porte-parole des manifestants, Gabin Korbéogo, cité par l’AFP. 

Lundi à Pau, une déclaration commune va donc être lue, où les États sahéliens répéterons que la France intervient à leur demande. «Ce n’est pas quelque chose de juridique car nous avons déjà ces bases-là. Nous voulons du courage politique», dit-on à l’Élysée qui espère ainsi couper court «aux manipulations anti françaises». 

Un soldat français participant à l’opération Barkhane, le 27 mars 2019 au Mali. afp.com

Resserrer le front anti-djihadiste

Face à la multiplication des attaques djihadistes au Sahel, l’objectif pour la France est aussi de redéfinir le cadre de l’intervention «Barkhane», et de mobiliser les alliés européens. Car sur le terrain, la situation n’est pas bonne. Pour «trouver plus d’efficacité», la zone d’intervention de «Barkhane», qui couvre aujourd’hui tout le Sahel, sera donc «resserrée» selon l’Élysée (source Le Figaro). Les soldats français devraient se concentrer sur le Liptako, une vaste région aux frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso, fief de l’État islamique, et le Gourma, une province à l’est de Mopti. Cela pourrait s’accompagner d’une petite montée en puissance des effectifs, aujourd’hui fixés à 4500 hommes. 

Une mobilisation internationale et surtout européenne est également attendue. Le président nigérien Mahamadou Issoufou entend ainsi lancer à Pau « un appel à la solidarité internationale » pour que le Sahel et la France ne soient pas seuls dans ce combat » contre le « fléau » djihadiste.  La France est par ailleurs en train de mettre sur pied une opération baptisée « Tacouba », réunissant des forces spéciales d’une dizaine de pays européens. Paris espère que le sommet de Pau convaincra des pays de l’UE réticents, favorables à la lutte contre les djihadistes dans la région mais inquiets de voir la France critiquée. 

Opération Barkhane et présence des troupes françaises dans la région du Sahel – juillet 2019/ Ministère des armées

En Bref : Quelle est la situation au Sahel ? 

La zone sahélienne semi-désertique est devenue depuis 2012 le terrain d’action de plusieurs groupes djihadistes, pour certains affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Des attaques de plus en plus audacieuses face auxquelles la force conjointe du G5 Sahel, lancée en 2017, semble impuissante. Selon l’ONU, plus de 4000 personnes ont été tuées dans des attaques terroristes en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger. 

Mathilde Bertin

Carlos Ghosn contre-attaque

Ces derniers jours, l’ancien PDG de l’alliance Renault-Nissan multiplie les interviews et les interventions médiatiques. Il y dévoile notamment son plan pour attaquer l’entreprise aux prud’hommes, avec des revendications et des armes bien précises.

L’heure est à la riposte pour Carlos Ghosn. L’ex-patron clame toujours son innocence et décrit son ambition de traduire Renault devant la justice, avec pour volonté première de faire valoir ses droits à la retraite.

“Je défendrai mes droits en tant que personne qui a travaillé autant d’années”

Car du fait de sa démission, la législation française lui refuse l’accès à des indemnités . “Ma démission de Renault ? C’est une farce !, affirme Carlos Ghosn dans les colonnes de nos confrères du Figaro. Chacun connaît les conditions dans lesquelles j’ai dû quitter Renault : j’étais emprisonné”. Pour l’heure, celui qui est désormais assigné à résidence au Liban n’a donc pas droit à sa pension avoisinant les 770.000 euros annuels, ni à son indemnité d’un montant de 250.000 euros lors de son départ en retraite le 29 janvier 2019.

Le Figaro – Carlos Ghosn: «Cette histoire ne tient pas la route»

Afin de faire entendre sa version des faits à la justice, Carlos Ghosn a saisi en référé le tribunal des prud’hommes de Boulogne. « Je défendrai mes droits en tant que personne qui a travaillé autant d’années, qui a rendu autant de services et qui a droit à une retraite. [Ces droits] n’ont pas été respectés et je compte bien les réclamer en justice« , assure l’ancien dirigeant. En parallèle, Carlos Ghosn réfute également la suppression de sa rémunération en actions par le conseil d’administration de Renault, décidée en février 2019, et pourrait saisir le tribunal de commerce pour réparer un manque à gagner de 20 millions d’euros.

Carlos Ghosn lors d’un entretien avec un journal japonais à Beyrouth au Liban, le 10 janvier. MEIKA FUJIO / AP

Établir son innocence

Pour épauler l’ancien magnat de l’automobile devant la justice, pas moins d’une soixantaine de personnes autour du monde sont penchés sur le dossier. Au-delà de la question des droits à la retraite, ces avocats pensent détenir de quoi permettre à Carlos Ghosn de plaider coupable devant les quatre chefs d’inculpation retenus par le procureur de Tokyo. Selon le JDD, deux d’entre eux pourraient d’ores et déjà être contestés.

Notamment accusé d’avoir caché des revenus complémentaires programmés pour sa retraite entre 2011 et 2015, Carlos Ghosn aurait donc sous-évalué sa déclaration de revenus et n’aurait pas respecté les règles des marchés financiers japonais. Mitshiro Yasuda, avocat expert sollicité par les dirigeants de Nissan, avance cependant des éléments allant dans le sens du Franco-brésilien. Selon lui, aucune jurisprudence n’existe au Japon pour réguler ce type de versements. De plus, il assure que la bourse nipponne impose de signaler les rémunérations des dirigeants uniquement lorsqu’elles sont fixées et certaines. Dans le cas de Carlos Ghosn, ces revenus ne l’étaient pas et ne devaient donc pas être déclarés.

Le JDD – Carlos Ghosn : ce que les avocats ont trouvé pour contester les accusations du procureur

Par ailleurs, la justice japonaise conteste également la prise en charge par Nissan d’un système de « swap » en 2008, ayant pour objectif de compenser l’impact négatif des mouvements de change entre le yen et le dollar sur la rémunération de Carlos Ghosn. Mais le JJD a pu consulter le compte-rendu d’un conseil d’administration présidé par ce dernier en octobre octobre 2008 au cours duquel 11 participants, dont le représentant de Renault Hiroto Saikawa, votent à l’unanimité l’autorisation de cette prise en charge par le constructeur japonais. Cette pièce, en possession des avocats de Carlos Ghosn, sera assurément à l’ordre du jour lors de la première audience qui devrait avoir lieu à la fin du mois de février.

André Fontaine

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