Crise hospitalière : les médecins prêts à tout pour négocier

Depuis le 13 janvier, 1100 chefs de services et responsables hospitaliers menaçent de démissionner dans une lettre ouverte. L’objectif : amorcer des négociations avec Agnès Buzyn, ministre de la Santé pour améliorer les conditions de travail dans les hôpitaux français.

A l’hopital Tenon, à Paris, comme partout en France, les hôpitaux manquent de personnels.
Photo : S. Caillet / BSIP / AFP.

C’est la première fois qu’un acte d’une telle ampleur est amorcé. “Nous avons pris en toute responsabilité, la décision inédite et difficile de démissionner collectivement à partir du 14 janvier 2020 si à cette date des négociations ne sont pas engagées.” Tels sont les propos des signataires de la lettre ouverte à destination d’Agnès Buzyn. Ils seront donc plus de 1100 à n’assurer que le strict minimum dès le 14 janvier. L’initiative part du collectif Inter-Hôpitaux qui prévoit des mesures concrètes en évoquant des soins hospitaliers “maintenus” mais une participation à la vie de l’hôpital “suspendue” comme l’explique l’un des signataires de la lettre. 

Une décision qui s’étend sur l’ensemble des hôpitaux français. De Toulouse à Lille en passant par Bordeaux, les démissions sont légions. A Marseille notamment, plus d’une cinquantaine de personnes ont annoncé leur démission. “La démission de nos fonctions administratives est symbolique, mais elle peut faire avancer les choses, nous continuerons les soins », explique Jean-Luc Jouve, chef de service de l’orthopédie pédiatrique à La timone, à Marseille. En novembre 2019, la ministre de la Santé avait promis des aides à la mesure de 1.5 milliards d’euros sur 3 ans, pourtant “ces nouvelles donations correspondent à 200 000 euros de plus par ans seulement” note André Grimaldi, professeur faisant partie des principaux instigateurs des démissions.

“Des améliorations vont se faire, on est à l’écoute”

Martin Hirsch, directeur général de l’APHP (Assistance Publique – Hopitaux de Paris), de passage sur France Inter, tente d’apaiser la situation : “ma porte est ouverte, des améliorations vont se faire, on est à l’écoute”. Impossible pour lui cependant de nier le malaise des conditions déplorables qui sévissent dans les hôpitaux français. “La contestation est importante, le malaise est important, poursuit Martin Hirsch, la confiance ça se renoue, c’est un travail de tous les jours.” 


Des réponses sans réelles fonds ni solutions, qui semblent pour l’instant bien insuffisantes à l’endiguement des nombreuses démissions du personnel hospitalier. La ministre de la Santé Agnès Buzyn, principale concernée par les revendications des démissionnaires, demande du “du temps” en promettant que “les actes médicaux hospitaliers vont être revalorisés”. Une réponses insuffisante pour les contestataires, qui ne semblent pas enclins à patienter sagement. Stéphane Dauger, chef du service de réanimation pédiatrique à l’hôpital Robert-Debré, affirme n’être “pas prêt à patienter”, et demande “d’injecter très clairement de l’argent dans l’hôpital public”. Tout reste à faire entre le personnel des hôpitaux et le gouvernement, alors que le temps semble compter de plus en plus.

Par : Alexis Pfeiffer

La croissance économique paye le coût de la grève

Les grèves qui ont débuté en décembre pourraient avoir amputé la croissance économique de 0,1 point, a estimé ce mercredi le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau. 

La croissance potentiellement mise en berne par la grève. Le mouvement de grèves contre la réforme des retraites, qui a commencé début décembre, pourrait avoir amputé la croissance économique de 0,1 point au maximum au quatrième trimestre 2019. 

C’est en tout cas ce qu’a affirmé, mercredi 15 janvier, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la Banque de France. « Il y a un an au moment du mouvement des ‘gilets jaunes’, 20% des entreprises se disaient affectées. Aujourd’hui, sur le même échantillon ce sont 10% des entreprises, dans les mêmes secteurs, principalement hébergement-restauration et transports« , a-t-il précisé. 

Il a ensuite indiqué que “cet effet est déjà inclus dans notre prévision de croissance pour le quatrième trimestre à +0,2%”. Ce constat nuance les propos de Bruno Le Maire, ministre de l’économie, qui avait assuré que la grève n’aurait qu’un “impact limité sur la croissance”.

Par : André Fontaine

Affaire Preynat : l’ancien prêtre confronté à ses victimes pour le deuxième jour d’audience

Le procès de l’ancien prêtre Preynat, jugé pour agressions sexuelles sur mineurs, se poursuit au tribunal correctionnel de Lyon.  Alors que l’audience entre dans sa deuxième journée, retour sur les éléments clés d’une affaire qui oscille entre légers aveux et impassibilité.

Photographie : Philippe Desmazes / AFP

“Pour moi, c’étaient des gestes de tendresse dans lesquels je trouvais évidemment un certain plaisir.” C’est ainsi que Bernard Preynat s’est défendu devant le tribunal correctionnel de Lyon. Pour rappel, à 75 ans, l’ancien membre du Clergé est soupçonné d’avoir commis des actes sexuelles sur plus d’une centaine de mineurs de 1970 à 1991. Parmi toutes ces victimes, 10 affaires ne sont pas prescrites, et 9 de ses victimes se tiennent sur le banc du tribunal.

Durant toute la journée d’hier, les plaignants ont donc confronté leurs versions de l’histoire avec l’accusé. Un accusé qui n’avoue qu’à demi-mot avoir commis tous les actes qui lui sont reprochés. “Je ne me souviens absolument pas avoir commis d’agressions sur lui”, déclare-t-il hier en fin d’après-midi face à la dernière victime de la journée. Sur les 9 accusations, il s’agit de la seule qu’il nie totalement. Pour le reste, Bernard Preynat joue sur les subtilités. Un prêtre qui répète donc en bloc n’ ”accuser personne de mensonges” mais qui martèle inlassablement qu’il ne se souvient pas des faits cruciaux qui lui sont reprochés.  

“Je ne me souviens plus du nombre exact de fois”

Lorsque Bernard Preynat reconnaît avoir commis des agressions sexuelles sur les victimes présumées, il constate irrémédiablement le nombre d’agressions commises. “Je ne me souviens plus du nombre exact de fois”, explique-t-il lorsqu’il conteste avoir agressé plus de 50 fois l’une des victimes. Les aveux sont présents, mais sont constamment partiels. Lorsqu’on l’accuse de 15 actes commis, Bernard Preynat se défend en parlant d’une dizaine d’agressions. Une répartie légèrement déroutante, comme le lui rappelle Dominique Sauve, vice procureure, en spécifiant qu’il risque dix ans de prison pour une seule fois (une seule agression, ndlr)”.

Des aveux incomplets, qui sonnent également comme vides de sens tant l’ancien prêtre semble dénuée d’émotions. Matthieu, membre de la partie civile, s’exprime sur ce point : “c’est vrai qu’on sent une quasi absence d’émotions qui est perturbante”. L’accusé insiste pourtant là-dessus, lui qui “regrette” et “demande pardon”. Mais pour l’avocat Jean Boudeau, il ne s’agit de rien de plus qu’une “verbalisation d’une culpabilité un peu abstraite”.

Les victimes, elles, ne manquent pas de lui faire reprocher cette culpabilité qu’il semble avoir tant de mal à admettre. C’est par exemple le cas de Benoît et Pierre-Emmanuel, qui évoquent avoir des grosses difficultés à se reconstruire, et ce notamment dans leur sexualité et leur vie de couple. Un procès lourd de conséquences, et qui doit encore éclaircir nombre de points. Le procès Preynat devrait normalement se poursuivre jusqu’à la fin de la semaine.

Par : Alexis Pfeiffer

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