Edouard Philippe au JT de France 2, “Nous allons aller au bout”

Hier soir, le premier ministre était l’invité de Laurent Delahousse au JT de 20h. L’occasion pour lui de s’expliquer face au mouvement de grève contre la réforme des retraites qui secoue le pays depuis plus de six semaines. 

« Nous allons aller au bout et, au fond, tous ceux qui incitent (les grévistes) à poursuivre la grève les envoient peut-être dans une impasse (…), je pense qu’ils devraient prendre leurs responsabilités », a déclaré le chef du gouvernement, au lendemain du « compromis » proposé aux partenaires sociaux de retirer l’âge pivot de 64 ans

Si le gouvernement a céder pour l’âge pivot, il n’en reste pas moins déterminé à mettre en place la réforme qu’il juge nécessaire, “Nous allons créer des nouveaux droits. La réforme des #retraites, c’est une réforme ambitieuse, c’est une réforme de justice et c’est une réforme qui doit être équilibrée”, a twitter Edouard Philippe quelques minutes après son passage sur le plateau du JT de France 2. 

Edouard Philippe invité du JT de France 2, hier à 20h – GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

“Il faut savoir terminer une grève” 

La ténacité des manifestants est soulignée et félicitée par le chef du gouvernement, même s’il incite les grévistes à mettre fin au mouvement, “Je constate que la décroissance progressive du nombre de grévistes dans les agences de transports est réelle. Les prévisions de trafic sont plutôt bonnes. Mais il faut savoir terminer une grève”. 

Finalement, le premier ministre s’est entendu avec les partenaires sociaux, la balle est dans leur camp puisqu’ils ont trois mois pour trouver une solution pour compenser les 12 milliards d’euros de l’âge pivot à 64 ans pour financer le système à l’horizon 2027. À défaut, fin avril, le gouvernement reprendra la main, et pourrait décider de réintroduire l’âge pivot dans le projet de loi. 

Si les opposants les plus déterminés (CGT, FO, Solidaires…) continuent à demander le retrait pur et simple de la réforme, les syndicats dits réformistes, la CFDT, l’Unsa et la CFTC se sont félicités de ce qu’ils considèrent comme une main tendue de Matignon.

Mathilde Bertin

Sommet du G5 Sahel, quels objectifs pour la France ?

Ce lundi à Pau (Pyrénées-Atlantiques), Emmanuel Macron a réuni les présidents du G5 Sahel (Tchad, Niger, Burkina Faso, Mali, Mauritanie). Dans un contexte où la présence des troupes françaises au Sahel est de plus en plus critiquée, quels sont les tenants et les aboutissants de cette rencontre ?

Couper court à une vague de protestations anti-françaises

Irrité par les critiques des opinions publiques contre les 4500 soldats français de la force Barkhane présents au Sahel, Emmanuel Macron espère renforcer la légitimité contestée des militaires français déployés sur place. En effet, la population malienne avait manifesté le 10 janvier contre la présence de la force Barkhane sur son territoire, jugée par certain comme une domination de la France sur le pays : “Ces puissances étrangères utilisent le terrorisme pour contrôler les immenses richesses de la région”, expliquait un porte-parole des manifestants, Gabin Korbéogo, cité par l’AFP. 

Lundi à Pau, une déclaration commune va donc être lue, où les États sahéliens répéterons que la France intervient à leur demande. «Ce n’est pas quelque chose de juridique car nous avons déjà ces bases-là. Nous voulons du courage politique», dit-on à l’Élysée qui espère ainsi couper court «aux manipulations anti françaises». 

Un soldat français participant à l’opération Barkhane, le 27 mars 2019 au Mali. afp.com

Resserrer le front anti-djihadiste

Face à la multiplication des attaques djihadistes au Sahel, l’objectif pour la France est aussi de redéfinir le cadre de l’intervention «Barkhane», et de mobiliser les alliés européens. Car sur le terrain, la situation n’est pas bonne. Pour «trouver plus d’efficacité», la zone d’intervention de «Barkhane», qui couvre aujourd’hui tout le Sahel, sera donc «resserrée» selon l’Élysée (source Le Figaro). Les soldats français devraient se concentrer sur le Liptako, une vaste région aux frontières du Mali, du Niger et du Burkina Faso, fief de l’État islamique, et le Gourma, une province à l’est de Mopti. Cela pourrait s’accompagner d’une petite montée en puissance des effectifs, aujourd’hui fixés à 4500 hommes. 

Une mobilisation internationale et surtout européenne est également attendue. Le président nigérien Mahamadou Issoufou entend ainsi lancer à Pau « un appel à la solidarité internationale » pour que le Sahel et la France ne soient pas seuls dans ce combat » contre le « fléau » djihadiste.  La France est par ailleurs en train de mettre sur pied une opération baptisée « Tacouba », réunissant des forces spéciales d’une dizaine de pays européens. Paris espère que le sommet de Pau convaincra des pays de l’UE réticents, favorables à la lutte contre les djihadistes dans la région mais inquiets de voir la France critiquée. 

Opération Barkhane et présence des troupes françaises dans la région du Sahel – juillet 2019/ Ministère des armées

En Bref : Quelle est la situation au Sahel ? 

La zone sahélienne semi-désertique est devenue depuis 2012 le terrain d’action de plusieurs groupes djihadistes, pour certains affiliés à Al-Qaïda ou à l’État islamique. Des attaques de plus en plus audacieuses face auxquelles la force conjointe du G5 Sahel, lancée en 2017, semble impuissante. Selon l’ONU, plus de 4000 personnes ont été tuées dans des attaques terroristes en 2019 au Burkina Faso, au Mali et au Niger. 

Mathilde Bertin

L’ex-père Preynat jugé pour pédophilie

Aujourd’hui âgé de 74 ans, Bernard Preynat se retrouvera dès lundi devant le tribunal correctionnel de Lyon. L’ex-curé responsable des scouts de la commune de Sainte-Foy-Lès-Lyon pendant vingt ans, aurait agressé sexuellement trente-cinq mineurs. 

Seulement dix victimes se sont prononcées pour des faits qui remontent à plus de trente ans, à la limite de la prescription pénale. Celles-ci demandent au Vatican de reconnaître la responsabilité du diocèse de Lyon dans cette affaire, afin d’obtenir des réparations financières. Et accusent le diocèse de ne pas avoir écarté l’ex-curé lorsque ses agissements ,commis entre 1976  et 1991, ont été rapporté. Selon 20minutes, l’une des victimes affirme que “les différents évêques qui se sont succédé depuis le cardinal Renard (en poste à Lyon jusqu’en 1981, NDLR) savaient que Bernard Preynat était un pédo-criminel. Ils ont fait le choix de le maintenir en poste (jusqu’en 2015, NDLR) au contact d’enfants, en connaissance de cause, sans mesure de contrôle ». 

À Saint-Luc, l’église de Sainte-Foy-lès-Lyon, des paroissiens se réunissent régulièrement pour briser le silence sur les abus sexuels. – AFP

Jugé pour agressions sexuelles sur mineurs par personnes ayant autorité, Bernard Preynat risque une peine maximale de dix ans d’emprisonnement. Face à cette affaire, le Cardinal Barbarin, jugé jeudi en appel pour non-dénonciation d’agressions sexuelles sur mineurs, se dédouane de toute responsabilité. Les parties civiles lui reprochent de ne pas avoir dénoncé les fautes du père Preynat à l’époque, mais face à ces accusations celui-ci répond : « Certains n’ont pas porté plainte. Ils ont cette culpabilité aujourd’hui. Et c’est moi, vingt ans plus tard, qui aurait dû porter plainte ? ». 

Mathilde Bertin

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